7 juillet au matin, une dizaine de motos attendent sagement que leurs pilotes respectifs ne les entraînent sur les routes. Dire qu’elles piaffent d’impatience serait leur accorder des pattes qu’elles n’ont pas ; par contre, c’est d’un rythme calme et serein (sans lambiner non plus, hein, faut pas plaisanter) que nous utiliserons leurs chevaux pour arriver à Tarascon, son bouchon, sa foule. Inutile de vous dire que nous nous arrêterons plus loin pour chambouler une terrasse afin d’y déguster le café du matin. Montée de l’Envalira, vu le nombre de 4 roues, la consigne donnée sera : chacun fait sa route, on se retrouvera à la station en haut ; faut bien donner du foin, heu non, de l’essence à nos montures ! Bien, on se regroupe comme prévu, ; chacun alimente son bestiau, discussions impromptues puis, tel un coup de tonnerre dans un ciel bleu, la petite phrase qui détonne : « tu as vu que ton pneu arrière est plein d’huile ? » Le stress de celui à qui cette question s’adresse monte d’un cran pour atteindre un pic où il parle d’assurance, de rapatriement camionesque, de ce qui aurait pu lui arriver si on ne s’était pas arrêté là etc etc . Finalement la solidarité du groupe apaisera son anxiété et c’est à moitié convaincu qu’il admettra qu’un simple surplus est à l’origine de l’écoulement intempestif. Nettoyage du pneu, essai vérification puis redescente sur Andorre la Vieille. Passage dans un magasin motos, peu de choix, des prix aussi élevés qu’en France, rien à faire là donc nous repartons direction resto ! Tiens, en voilà un, prix affiché correct, nous nous arrêtons. Après installation, l’un d’entre nous nous informe « qu’il ne le sent pas » mais, faute de propositions de sa part, nous restons là et comptons sur son flair pour la prochaine sortie ! Le repas, finalement suffisant vu le coût, terminé, retour vers nos engins ; gorges de La Grella nous voilà ! Équipement (ouaf, il fait chaud !), démarrage, un retardataire, je l’attends, on y va ! Où sont-ils passés ? On va les retrouver, passage d’un tunnel, où sont-ils ? Impossible de se joindre par radio (hum ! hum ! n’ayant pas mis en charge, le mien ne marche pas !), téléphone portable : on ne joint personne ! À deux, nous décidons de revenir au Pas de la Case, point de passage obligé, de remplir nos valises en attendant les autres. Vroum ! vroum, ne nous voyant plus, le reste du groupe a pris la même décision et nous voilà donc à nouveau réunis. Les gorges de La Grella ne partiront pas ; nous y reviendrons ; l’heure est maintenant aux emplettes ! nous nous répartissons les achats sans les répartir tout en les répartissant avec un seul mot d’ordre : si l’un d’entre nous se fait arrêter à la frontière, on s’arrête tous et on explique. Descente vers Ax, remontée prudente de la file qui commence au rond-point du Pas pour finir au poste frontière. Nous sommes 8 à passer sans encombres, 2 se font contrôler ; stop pour tous et demi-tour. À ce moment du récit, je ne peux m’empêcher d’évoquer l’attitude d’une douanière qui, apparemment, ne sait pas faire la différence entre la loi et l’esprit de la loi, qui n’a que faire des conséquences d’une chute avec une bouteille de verre dans un sac à dos ! Nom de Zeus (qui c’est celui là ?) la loi c’est la loi !
Soyons clairs ! Qu’elle fasse son boulot, rien à dire. Qu’elle en oublie la notion de service public, qu’elle confonde autorité et autoritarisme me laissent pantois !
Bref, nos deux amis ont pris une prune ; nous, nous sommes faits agresser verbalement mais, malgré un goût amer dans la bouche nous avons continué notre route et, telle la caravane, nous avons laissé aboyer. Descente sur Ax, arrêt bière à l’ombre, commentaires divers et variés mais chut ! Ne laissons pas croire à la grenouille qu’elle peut atteindre la taille d’un bœuf ou la hauteur de vue d’une girafe !
C’est d’un bon rythme que, désaltérés, nous grimpons et descendons le superbe col de La Chioula, parcourons le plateau d’Espezel, redescendons sur Quillan, rejoignons Limoux puis Carcassonne avant de regrimper dans notre chère Montagne Noire où les seuls animaux sauvages que nous puissions y rencontrer ne deviennent agressifs que pour défendre leurs petits ou sauver leur propre vie.
À bientôt.