frais ; que du bonheur pour rouler. Tout le monde est là , ceux et
celles qui ne se connaissaient pas font connaissance et, assez
rapidement, nous sentons un front féminin nous signifiant que les radars
doivent rester au repos. Départ puis route à travers les paysages
vallonnés du Lauragais : quelques virages, du bon bitume, tout va bien !
Un bon petit arrêt café va permettre à nos selles respectives de prendre
un peu de repos et à nos têtes encasquées de s'aérer tout en discutant :
« -Et maintenant, on va où ?
-Direction Carbonne, jusqu'à Lourdes.
-Tu es sûr qu'il faut passer par Lourdes ? »
Nous verrons plus tard que cette dernière question ne sera pas sans
conséquences !
Café bu, cigarette grillée pour certains et c'est reparti : petites
routes, beau paysage, moral au beau fixe, tout va bien. Midi, un repas à
faire la sieste en conduisant, nous sommes dans une ville de cure !
« Aie ! Aie ! Aie ! Premiers hoquets du road-book ; qu'importe, les
vieux baroudeurs que nous sommes vont utiliser la carte et, finalement,
se retrouver au pied du Tourmalet où, chaleur oblige, une petite boisson
fraîche est indispensable ; certains en profite, ils ont bien raison car
tout à l'heure, ils ne se feront pas mousser, eux. Ah ! Que l'on est
bien à l'ombre mais, pourtant, il faut bien l'attaquer, cette ascension !
Approche calme, ambiance bucolique, premiers lacets enroulés tout en
douceur mais, bientôt, trois d'entre nous sont atteints de ce mal
spécifique aux motards dès qu'ils voient une route bien bitumée, des
enfilades de virages : les convulsions du poignet droit !
Les moteurs ronflent, les repose-pieds frôlent le macadam ; qu'est-ce
qu'il leur prend ? se demandent les motos (elles ne sont pas les seules !).
Arrivée au col, arrêt obligatoire, beauté de la vue à ne pas rater.
Descente cool de l'autre côté, en bas, l'angoisse nous saisit : l'Aspin,
où est passé l'Aspin ? ! ! !

Enquête directe dans la rue : premier interrogatoire : « Ch'ais pas, je
ne suis pas d'ici.
deuxième interrogatoire : « suis pas sûr mais je crois que vous en
venez, je vais m'en assurer. »
Retour du papy qui doit en rigoler encore et confirmation : nous avons
monté et descendu le Tourmalet dans le mauvais sens ! ! ! Vous vous
souvenez de la question « Tu es sûr qu'il faut passer par Lourdes ? » Et
bien oui, il fallait !
Une proposition fuse : on remonte. Aussitôt le front féminin se reforme
« Ah ! Non! Et là, pas de miracle, nous cédons et direction Lourdes puis
Campanet, là, on retrouve l'Aspin. Ouf !
Montée tranquille, pas ou peu de convulsion du poignet malgré une route
pleine de virolos tentateurs. Au col, un troupeau de camping-cars paisse
tranquillement sur le parking. Arrêt regard, cigarette puis descente sur
Arreau et direction St Lary où on nous attend au refuge depuis déjà une
bonne heure et demie ; reste à le trouver : panneau 1 OK, panneau 2 OK
puis plus rien ! Demi tour, surgit alors un cuisinier : « C'est vous les
motards ?
Ah ? Ça s'appelle moto l'engin sur lequel nous sommes
depuis ce matin ? »
Accueil chaleureux, garage sécurisé de nos engins, sangria faite avec un
vin à faire trembler toutes les toiles cirées de la région mais
rapidement bue tout de même, il faisait soif ! Un repas simple mais
copieux arrosé du même rouge mais quand on est en manque, on ne rechigne
pas à la tâche. Allez ! Maintenant, dodo ! Les plus lestes (hum ! Hum !)
ont droit à des lits superposés.
Une bonne nuit de sommeil a ccompagnée de bons coups de tonnerre, on
s'en moque, on est à l'abri.
Le matin, réveil au son des tuyauteries d'eau en échappement libre suivi
d'une douche écossaise sous pommeau XXL.
Le petit déjeuner finit de nous revigorer et nous voilà partis vers le
Peyresourde. Des paysages toujours magnifiques, une route sinueuse à
souhait mais humide par endroitalors maîtrise du poignet obligatoire !
En haut, l'un d'entre nous, il se reconnaîtra, voit des dahus meuglants
et parfaitement encornés ! Le mal des montagnes sans doute. Maintenant,
l'utile à l'agréable : descente vers Bossost. Eh ! Oui ! Chers fumeurs,
c'est en Espagne !!
Petites emplettes puis direction col Des Ares où nous tombons sur une
colonie de cyclistes certain montant d'autres descendant. Ne voulant pas
pousser notre hospitalité jusqu'à accueillir l'un d'entre eux sur notre
guidon, nous décidons de reporter à plus tard la montée du col d'Aspet.
Petite discussion : « Que faisons-nous ? Nos estomacs ont le dernier mot
: on va manger à Aspet, après on verra. »
Je vais arrêter quelque secondes mon bavardage pour vous raconter ce
que, dans quelques années, racontera une mamie à ses petits enfants : «
mon genou me fait mal, c'est la suite d'une sortie moto avec votre
grand-père, heureusement j'avais gardé mon casque ! »elle oubliera de
dire que c'est en sortant d'un parking à pieds que cela est arrivé !bon,
j'arrête de me moquer, c'est pas beau çà !
Aspet, arrêt resto : motos garées, installation sur la terrasse, bières
et repas commandés ; le ciel se voile, les nuages arrivent, une petite
pluis fine avec. Le col d'Aspet ne partira pas, nous y reviendrons plus
tard aussi passerons nous, comme prévu, au Mas d'Azil mais par la
plaine. Angoisse dans la grotte : le phare n'éclaire plus ! Non ! Ce
sont les lunettes de soleil restées sur le nez !
Retour vers Sorèze, arrêt à Mirepoix pour éviter la déshydratation. Sur
la route de Fanjeaux, les deux célibataires du groupes, éprouvant la
nostalgie du cocon familial s'envolent puis, pris de remords attendent
le reste du groupe et c'est ensemble que nous nous retrouverons chez
Thierry autour d'une boisson rafraîchissante( une bière, quoi !).
Belle balade, bonne ambiance, beaux paysages, que demander de plus ?
Recommencer le plus tôt possible ! Bien sûr !